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ADMISSIBILITÉ 2023

Photo du rédacteur: Bárbara Ludmila
Bárbara Ludmila
il y a 3 heures
29 min de lecture

MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE, DES FINANCES ET DE LA SOUVERAINETÉ INDUSTRIELLE ET NUMÉRIQUE 


CONCOURS EXTERNE ET INTERNE POUR LE RECRUTEMENT DE PERSONNELS DE CATÉGORIE C 

ANNÉE 2023


ÉPREUVE D’ADMISSIBILITÉ 

Durée : 3 h 00 – Coefficient : 2

Résolution de cas pratiques permettant de vérifier l’aptitude du candidat à présenter les éléments d’un dossier et pouvant comporter la réponse à des questions sur ce dossier, la rédaction d’une synthèse de documents et, le cas échéant, l’élaboration d’un support de communication.


Toute note inférieure à 5/20 est éliminatoire.


Recommandations importantes 

Le candidat trouvera au verso la manière de servir la copie dédiée. 

Les copies doivent être totalement anonymes et ne comporter aucun élément d’identification tels que nom, prénom, signature, paraphe (n.m. 2. signature, réduite aux initiales, pour interdire toute substitution sur un document officiel.), localisation, initiales, numéro ou toute autre indication, même fictive, étrangère au traitement du sujet. 

Il devra obligatoirement se conformer aux directives données. 




NOTE AUX CANDIDATS 


→ Passation de l’épreuve : 

1. Sur les copies : 

• vous devrez composer lisiblement sur les copies avec un stylo foncé : bleu ou noir. Toute copie illisible lors de la numérisation du fait d’une encre trop claire ne sera pas corrigée (l’usage de stylo à encre effaçable est fortement déconseillé) ; 

• l’usage du surligneur et des stylos de couleurs est interdit ; 

• pour toute correction, il est recommandé de privilégier un correcteur type ruban plutôt que liquide. 

2. Vous devrez numéroter votre composition correctement dans l’encadré en haut de la copie. Chaque numérotation doit contenir le numéro de la feuille et le nombre total de feuilles de votre composition. (Ex : 01/05 ; 02/05… 05/05).

3. Vous devrez, sur chaque feuille A3, remplir en MAJUSCULES toutes vos informations d’identification : Nom de naissance, Premier prénom, Numéro de candidature, rempli de gauche à droite, et Date de naissance. 

4. Il ne doit pas y avoir de rature dans le pavé d’identification. Si nécessaire, vous pouvez demander une feuille vierge au responsable de salle. 

5. Vous devrez composer uniquement sur les supports de composition officiels de l’épreuve : les feuilles de format A3 comportant le bandeau d’identification. 

6. Notez que dans tous les cas, les feuilles ne doivent être ni découpées, ni agrafées, ni collées. 


Les copies sont anonymisées lors des opérations de scannage. Ainsi, les correcteurs n’ont aucune information sur l’identité du candidat. 

→ Lors de la collecte des copies : Vous devrez rendre uniquement les feuilles de composition officielles. Tout autre support (sujet, brouillon) sera écarté de la correction.





SUJET 


Les candidates et les candidats peuvent avoir à leur disposition sur la table de concours le matériel d’écriture, une règle, un correcteur, des surligneurs, un compas et le matériel spécifique ci-après. 

Les matériels autorisés sont les suivants : 

• les calculatrices non programmables sans mémoire alphanumérique ; 

• les calculatrices avec mémoire alphanumérique et/ou avec écran graphique qui disposent d’une fonctionnalité « mode examen ». 


TRAVAIL À EFFECTUER 


PARTIE 1 - À PARTIR DU FONDS DOCUMENTAIRE RÉPONDEZ AUX QUESTIONS SUIVANTES

1.Définissez la notion de « dématérialisation des services publics » et présentez l’offre de service proposé. Répondez en 10 lignes au maximum.

La dématérialisation des services publics désigne l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC), notamment Internet, pour moderniser l'État, optimiser sa gestion interne et améliorer ses relations avec les usagers. L'offre de service s'est développée en plusieurs étapes : d'abord la simple mise à disposition d'informations, puis la réalisation de démarches administratives directement en ligne via des téléservices (télé-déclarations, démarches d'état civil, etc.). Enfin, elle tend vers une logique de co-création et de participation citoyenne grâce aux technologies du Web 2.0 et à l'ouverture des données publiques (Open data).


2. Expliquez en quoi consiste la transformation de l’action publique et présentez le plan action publique 2022. Quels en sont les bénéficiaires et les principaux chantiers ? Répondez en 15 lignes au maximum.

La transformation de l'action publique est un réaménagement global des méthodes et moyens de l'État imposé par la révolution numérique, la montée de l'intelligence artificielle, l'usage des données massives et l'évolution des attentes citoyennes vers plus de proximité.   

Lancé en 2017, le plan Action Publique 2022 s'articule autour de trois catégories de bénéficiaires :   

  • Les usagers : amélioration de la qualité de service (confiance, simplification et 100 % de services dématérialisés en 2022).   

  • Les agents publics : modernisation de leur cadre de travail.   

  • Les contribuables : accompagnement de la baisse des dépenses publiques (-3 points de PIB).   

Ses chantiers prioritaires et transversaux sont : la simplification administrative, la transformation numérique, la rénovation des RH, la réorganisation territoriale et la modernisation budgétaire.   


3.Présentez brièvement la Direction Interministérielle du Numérique et sa principale mission. Précisez les priorités qui lui ont été assignées par la nouvelle feuille de route.

La DINUM a pour mission principale d'élaborer la stratégie numérique de l'État et de piloter sa mise en œuvre afin de rendre l'action publique plus efficace, plus simple et plus souveraine.   

Les quatre priorités de sa feuille de route sont :   

  1. Engager une mutation profonde des organisations publiques en privilégiant les équipes pluridisciplinaires, l'agilité et l'approche des « Start-ups d'État ».   

  2. Renforcer les compétences numériques au sein de l'État en attirant et fidélisant les talents du numérique.   

  3. Développer l'exploitation effective des données au service des citoyens, entreprises et agents.   

  4. Préserver la souveraineté numérique de l'État à travers des outils mutualisés (notamment des logiciels libres) et un cloud souverain.  


4.Présentez en quelques lignes le principal objectif du Fonds d’innovation et de transformation numérique (ITN) et à quoi il sera employé.

Le FITN a pour objectif principal de stimuler l'innovation numérique et d'accélérer la transformation numérique de l'État et des collectivités territoriales. Doté de 500 millions d'euros issus du plan France Relance, il est employé à :   

  • Accélérer la numérisation des démarches administratives et la production de résultats à court terme.   

  • Favoriser l'ouverture, la circulation et le partage des données publiques et codes sources.   

  • Soutenir les projets et bonnes pratiques portés par les territoires.   

  • Transformer en profondeur l'action publique par l'innovation.



PARTIE 2 

1.Sur la base des tableaux du document n°9 :

a) Représentez, sous forme d’un graphique type histogramme, la part des personnes ayant fait une démarche administrative en ligne en 2011 et en 2021 pour chaque catégorie d’âge et pour l’ensemble des catégories d’âge. Indiquez les pourcentages en ordonnées et l’âge en abscisses.

%

100 |

90 |

80 | [80,2] [76,9]

70 | [74,3] [67,1]

60 | [58,8]

50 | [39,6] [50,2]

40 | [33,9] [32,9]

30 | [26,6]

20 | [18,7]

10 | [3,1]

0 +------------+-------+-------+-------+-------+-------

18-29 30-44 45-59 60-74 75 et + Ensemble


■ 2011 (premier chiffre) ■ 2021 (second chiffre)


b) Précisez pour chaque catégorie d’âge la variation en point de pourcentage entre 2011 et 2021 (arrondir à l’unité).

  • 18-29 ans : 74,3 - 39,6 = +35 pts

       

  • 30-44 ans : 80,2 - 50,2 = +30 pts

       

  • 45-59 ans : 76,9 - 33,9 = +43 pts

       

  • 60-74 ans : 58,8 - 18,7 = +40 pts

       

  • 75 ans ou plus : 26,6 - 3,1 = +24 pts

       

  • Ensemble : 67,1 - 32,9 = +34 pts

       

c) Exposez brièvement le constat sur l’évolution de l’ensemble de la population concernant la dématérialisation des démarches administratives.

En dix ans, le recours aux démarches administratives en ligne a plus que doublé pour l'ensemble de la population française (passant de 32,9% à 67,1%). La progression concerne toutes les tranches d'âge, avec une hausse particulièrement marquée chez les 45-74 ans. 


2.Au vu des graphiques 74 et 75 du document n°10 :

a) Précisez de combien de point sa évolué, entre 2020 et 2022, la part des 12-17 ans, celle des 60-69 ans et celle des 70 ans et plus, ayant réalisé une démarche administrative en ligne au cours des douze derniers mois.

  • 12-17 ans : 51 - 29 = +22 points

       

  • 60-69 ans : 72 - 75 = -3 points

       

  • 70 ans et plus : 43 - 55 = -12 points


b) Selon vous, comment expliquer cette évolution marquée dans ces populations ?

  • Pour les 12-17 ans : La forte hausse (+22 pts) s'explique par la numérisation croissante des démarches scolaires et d'orientation (Parcoursup, Pass Culture, démarches d'identité).   

  • Pour les seniors (60 ans et plus) : Le pic constaté en 2020 s'explique par les confinements liés au COVID-19 qui ont contraint les plus âgés à utiliser Internet. La baisse observée en 2022 traduit un retour à d'autres canaux post-crise sanitaire ou les difficultés d'autonomie face au numérique (illectronisme). 


c) Au vu du graphique 75, quel est le pourcentage des non diplômés et celle des diplômés du supérieur ayant effectué une démarche administrative en ligne dans les douze derniers mois?

  • Non-diplômés : 42%

       

  • Diplômés du supérieur : 82%


d) Que pouvez-vous déduire au vu des diplômes et de la taille d’agglomération ?

  • Effet du diplôme : Il existe une corrélation directe entre le niveau d'étude et le recours au numérique. Plus le niveau de diplôme est élevé, plus le taux d'utilisation des e-démarches augmente (du simple au double entre non-diplômés et diplômés du supérieur).   

  • Effet de la taille d'agglomération : Les habitants des grandes agglomérations et de la région parisienne réalisent davantage de démarches en ligne (76% - 77%) que ceux des communes rurales (58%), reflétant une disparité de couverture réseau ou de profil sociodémographique.


3.Au vu du document n°11 :

a) Dans le 4ème axe correspondant à la construction de l’État de l’âge numérique, quelle est la part, en pourcentage, que représente « l’investissement d’aujourd’hui pour dépenser moins demain » ?

Au sein du 4e axe (doté de 9 Md€), ce volet représente 4 Md€, soit :    



b) Sur les 57 milliards d’euros engagés par le Gouvernement dans un Grand plan d’investissement, combien représente, en pourcentages, la part consacrée à la construction de l’État de l’âge numérique ?


c) Commentez en quelques lignes les données chiffrées de ce graphique.





PARTIE 3 – RÉDACTION

À l’aide du fonds documentaire et de votre réflexion personnelle, vous présenterez dans une première partie comment la dématérialisation de l’administration est mise en œuvre par les pouvoirs publics et quels sont ses bénéficiaires. Vous exposerez, dans une seconde partie, les risques de la dématérialisation et quelles réponses l’État tente d’y apporter.

Une réponse structurée de deux pages maximum est attendue.


Liste des documents 


Document n° 1 Extrait de la documentation « L’administration électronique ou E-administration » – L’École nationale de l’administration (ENA) – Octobre 2016 (1 page)


Document n° 2 Extrait de « Action publique 2022 : pour une transformation du service publique » – Site du Gouvernement – Mis à jour le 2 décembre 2021 (2 pages)


Document n° 3 Extrait « Le bilan du baromètre des résultats de l’action publique 2017-2022 » – Site du Gouvernement – 18 janvier 2023 (1 page)


Document n° 4 Extrait de la « Feuille de route de la DINUM - Une stratégie numérique au service de l’efficacité de l’action publique » – Site numerique.gouv.fr – 9 mars 2023 (1 page)


Document n° 5 Extrait de la fiche n°6-2 « France Relance : accélérer la transition numérique de l’État et des territoires » – Direction interministérielle du numérique et Direction interministérielle de la transformation publique – Janvier 2022 (1 page)


Document n° 6 « L’accessibilité numérique : levier stratégique d’amélioration des services publics numériques pour tous » – Site numerique.gouv.fr – 11 février 2020 (2 pages)


Document n° 7 « E-administration : quelle politique pour les exclus du numérique ? » – Site Vie publique – 4 octobre 2021 (3 pages)


Document n° 8 « Dématérialisation des services publiques : des usagers en difficulté » – Site Vie publique – 22 février 2022 (1 page)


Document n° 9 Extraits de l’article « Un tiers des adultes ont renoncé à effectuer une démarche administrative en ligne en 2021 » – Gleizes F., Nougaret A., Pla A., Viard-Guillot L. – INSEE FOCUS N°267 – 11 mai 2022 (1 page)


Document n° 10 Extraits du « Baromètre numérique édition 2022, Enquête sur la diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française » – Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CRÉDOC) (1page)


Document n° 11 Extraits du dossier de presse « Le grand plan d’investissement 2018-2022 » – Service de presse de Matignon – Septembre 2017 (1page)


Le fonds documentaire comporte 15 pages. 




Document n° 1

Extrait de la documentation « L’administration électronique ou E-administration » – L’École nationale de l’administration (ENA) – Octobre 2016 1 L’administration électronique en quelques points clés


Introduction L’administration électronique peut être définie comme « l’utilisation des techniques de l’information et de la communication (TIC), et en particulier d’Internet, dans le but d’améliorer la gestion des affaires publiques » (L’administration électronique : un impératif. Rapport OCDE 2003). Vecteur d'amélioration de la relation administration/citoyen, l’administration électronique permet de proposer une offre plus performante de services aux usagers et d’accroître la transparence administrative. Elle est aussi au cœur de la problématique de modernisation de l’Etat, car elle est un outil d’amélioration de ses procédures et de son fonctionnement interne (décloisonnement, agilité), ainsi que d’optimisation de ses coûts. L’administration électronique, enfin, pose un certain nombre de questions juridiques complexes et son développement n’est pas spécifique à la sphère française, ni ne se réduit au périmètre de l’Etat. Ses enjeux tant territoriaux qu’européens, notamment, sont importants. Les premiers services télématiques voient le jour à la fin des années 1980 grâce au Minitel et les administrations participent au développement d’Internet dès la seconde moitié des années 1990. Mais ce n’est qu’à partir de 1997 que l’administration électronique émerge progressivement en tant que politique publique à part entière et que s’élabore une stratégie globale, nourrie par plusieurs rapports et qui se concrétisera dans un ensemble de programmes : Programme d’action gouvernemental pour la société de l’information (PAGSI) en 1998, Projet ADELE (Administration électronique) pour la période 2004-2007. Plus récemment, l’administration électronique est devenue un axe central de la politique de réforme de l’Etat, que ce soit avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP), ou avec la Modernisation de l’action publique (MAP), lancée en 2012. En matière de services aux usagers, on peut distinguer deux grandes étapes dans l’utilisation des TIC: la première consiste à mettre des informations à disposition des citoyens afin de simplifier leurs démarches administratives ; la seconde, qui va plus loin, permet aux usagers de réaliser directement leurs démarches en ligne. On parle alors de téléservices. Se posent néanmoins, dans le développement de ces services numériques, la question de leur accessibilité (couverture Internet des zones rurales, déploiement du haut et du très haut débit, publics en situation de fragilité : personnes précaires, âgées, handicapées), ainsi que des contraintes juridiques fortes en matière de protection des données personnelles et des libertés individuelles. Ces enjeux juridiques prennent une acuité particulière depuis que le droit européen (et le droit français à sa suite) a consacré un principe de réutilisation des données publiques et que l’Open data, qui apparaît comme emblématique d’une troisième étape – le passage d’une logique de mise à disposition de services publics à une logique de participation, voire de co-création où l’usager devient pleinement partie prenante, grâce, notamment, aux technologies du Web 2.0 - est une priorité de la politique de transition numérique, portée successivement par les gouvernements Ayrault et Valls. Enfin, le développement de l’administration électronique s’inscrit dans une perspective de maîtrise des dépenses publiques (une procédure électronique ayant un coût de traitement estimé cent fois plus faible que celui d’une procédure papier) et peut favoriser l’émergence d’un nouveau mode de management (moins autoritaire, plus horizontal), alors que la « politique de la donnée » doit générer une meilleure circulation et valorisation de l’information propice au décloisonnement des administrations et à l’amélioration de leur fonctionnement. Mais cette transformation implique une adaptation des agents et des processus et nécessite des investissements financiers préalables (accessibilité et ergonomie des outils, interopérabilité des systèmes d’information, harmonisation du traitement des données, respect de leur sécurité et de leur confidentialité) avant de devenir source d’économies. […]


Document n° 2 

Extrait du communiqué de presse – Après une année 2024 difficile, une légère résilience des librairies en 2025. Bilan de l’activité et palmarès 2025 – Syndicat de la librairie française – 09/01/2026 

Un début d'année compliqué, mais un effet de rattrapage sur le mois de décembre

Le chiffre d'affaires des librairies affiche, et 2025, une faible progression de 0,9% par rapport à 2024, si nous considérons l'ensemble des produits, et de 0,6% pour les seules ventes de livres. Nous noterons toutefois que l’année se clôture positivement grâce à un très bon mois de décembre (+3,4% sur le livre et +5,4% sur le hors-livre1) qui a rattrapé la faible activité du début de l'année.

Toutefois, cette moyenne en hausse de l'activité ne doit pas masquer des résultats contrastés. En effet, près du tiers des librairies du panel voient leur CA livre baisser de 5% ou plus.


Une baisse des ventes en volume compensée par la hausse des prix

Les ventes en volume sont en recul de 0,5% en moyenne. Ce sont les revalorisations des prix appliquées par les éditeurs (+1,1% en moyenne en 2025 et +2,2% sur le format poche) qui permettent aux librairies de rester dans le vert.


C'est à Paris et dans les petites villes que les librairies tirent leur épingle du jeux

Nous notons que les librairies implantées dans les villes de moins de 10.000 habitants terminent l’année à +2% en CA (+1,3% sur le livre) et celles de l'agglomération parisienne atterrissent à +2,8% (+2,6% sur le livre). A contrario, les librairies des villes moyennes (entre 50.000 et 100.000 habitants) sont les seules à terminer l'année dans le rouge, avec -1,2% au global (-1,8% sur le livre).


Des inquiétudes pour les plus petites librairies

À l'issue de 2025, l'inquiétude demeure pour les plus petites librairies (CA inférieur à 300 K€ par an). Ce sont en effet les seules à terminer l’année en négatif sur l'activité globale (-2,5%) et sur l'activité livre (-3,3%). La fragilité de ces librairies et leur marge de manœuvre réduite sont à surveiller. En outre, la répartition des hausses et des baisses dans ce groupe de CA renforce ce besoin de vigilance : 25% de ces librairies terminent l’année avec une baisse supérieure à 10%.


Les ventes aux collectivités et hors livre compensent la baisse de l'activité en magasin

Seule la bonne tenue des ventes aux collectivités (+4,9% au global et +5,1% sur le livre) permet aux librairies de terminer l’année en positif. Nous noterons particulièrement l'importance des ventes de manuels scolaires qui ont connu une année florissante grâce aux nouveaux programmes (+26% sur le scolaire vendu aux collectivités). Les ventes aux collectivités sont ainsi passées en 2025 de 16,4% à 17,2% du CA livre.

Outre l'importance de ses ventes aux collectivités, soulignons que l'équilibre global de l'activité en 2025 est également porté par les bons résultats de l'activité hors-livre (+1,9% au global), qui a représenté 11,1% du CA des librairies du panel.


Une activité portée par le rayon littérature

L'activité 2025 a été portée par le rayon littérature, seul grand rayon en hausse ( +4,3%), lui-même tiré vers le haut par des best-sellers et des << phénomènes de librairie >>, comme << La Maison vide >> ou << Mon vrai nom est Elisabeth >>. Les rayons Polar/SF sont également en hausse mais ceci est lié à une forte dépendance aux ouvrages de Freida McFadden.

On notera également que la bande dessinée et le manga souffrent d'une baisse importante de leurs ventes (-2,4% pour la catégorie avec -1% pour la famille BD et -7,7% pour la famille manga), malgré la parution en octobre d’un nouveau tome d'Astérix.

Les autres grandes catégories terminent toutes en basse : -1,2% pour la jeunesse, -2,5% pour le pratique et 3,6% pour les sciences humaines. Autre rayon à avoir souffert : la romance (Romans d'amour, romans sentimentaux) qui termine après de -3%.

A noter : La progression du CA poche en hausse de 2,6% là où le CA grand format est en hausse de 0,2% seulement.


La diversité des ventes en librairie, on enjeu commercial et culturel

Les librairies du panel ont vendu plus de 565000 références différentes au cours de l'année 2025. Ce chiffre donne la mesure de la diversité de l'offre en librairie comme ceux concernant la dispersion des ventes. En effet, les titres totalisant moins de 100 exemplaires vendus en un an sur l'ensemble du panel représente 90% des références vendues en librairie, celles en un seul exemplaire plus de 25%.




Document n° 3 

Article – L’édition jeunesse en France : un marché florissant en 2025 – Site Maison Édition – 22/12/2025 


La jeunesse, locomotive de l’édition française 

L’édition jeunesse est le segment le plus dynamique du marché du livre français. En 2025, elle représente environ 780 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit près de 25 % du marché total du livre. C’est un secteur en croissance continue, porté par le manga, la BD, les albums illustrés et le Young Adult. Plus qu’un marché, c’est un enjeu culturel majeur : les habitudes de lecture se forment dans l’enfance, et un enfant lecteur a toutes les chances de devenir un adulte lecteur.

La France est l’un des pays qui publie le plus de livres jeunesse au monde, avec environ 9 000 nouveautés par an. […] 


Les chiffres clés 2025 

• CA du secteur jeunesse : ~780 M€ (+3 % vs 2024), en croissance continue depuis 10 ans 

• Part du manga : environ 50 % du segment BD/manga, soit un poids considérable dans l’ensemble du marché jeunesse 

• Nombre de titres publiés : ~9 000 nouveautés/an (hors manga) 

• Le livre le plus vendu en jeunesse : toujours Le Petit Prince de Saint-Exupéry, avec 13 millions d’exemplaires vendus en France depuis 1946, traduit dans plus de 500 langues et dialectes 

• Part de marché jeunesse : ~25 % du marché total du livre, premier segment devant la littérature générale 


Les tendances 2025 

Le marché de la jeunesse évolue rapidement, sous l’influence des réseaux sociaux, des adaptations audiovisuelles et des nouvelles pratiques culturelles des jeunes : 

L’explosion du manga — Le manga représente à lui seul plus de 50 % des ventes de BD en France. One Piece, Jujutsu Kaisen, Spy x Family et Chainsaw Man dominent les classements. La France est le deuxième marché mondial du manga après le Japon, un fait remarquable qui témoigne de la passion des jeunes Français pour ce format. 

Le retour de l’album illustré — Après des années de stagnation, l’album connaît un renouveau grâce à des illustrateurs innovants qui repoussent les limites du format. L’album n’est plus seulement destiné aux tout-petits : des albums pour adultes et pour adolescents connaissent un succès croissant. 

Le Young Adult (YA) — Porté par BookTok et par les adaptations en séries (Netflix, Prime Vidéo), le segment YA (15-25 ans) est le plus dynamique en fiction. Romance, fantasy, dystopie et thriller dominent ce marché en pleine expansion. 

L'écoresponsabilité — Impression locale, papier certifié FSC (Forest Stewardship Council), encres végétales, formats plus petits : les éditeurs jeunesse sont pionniers en matière d’écologie. Plusieurs maisons ont adopté des chartes environnementales ambitieuses. 

Les livres audio pour enfants — Les audiolivres jeunesse connaissent une croissance spectaculaire, avec des productions soignées incluant musique, bruitage et narration par des comédiens professionnels. 

[…] 


Publier un livre jeunesse : les spécificités […] 

Les albums — […] Le coût de fabrication d’un album (impression couleur, grand format) est plus élevé que pour un roman. 

[…] 

Les droits d’auteur — Similaires à l’édition adulte : 5 à 8 % pour les albums (partagés entre auteur et illustrateur), 8 à 12 % pour les romans. Les à-valoir sont généralement plus faibles qu’en littérature adulte. 

Le rôle des prescripteurs — En jeunesse, les acheteurs (parents, enseignants, bibliothécaires) ne sont pas les lecteurs (les enfants). Ce double public impose une communication sur deux niveaux. […] 



Document n° 4 

Extrait du Guide pratique de la chaîne du livre – Centre régional du livre de Lorraine – 2008 

Au 18ème siècle deux acteurs étaient au cœur de la conception d’un livre : l’auteur d’une part, l’imprimeur-libraire-éditeur de l’autre. Depuis plusieurs décennies, nous assistons à une multiplication des intermédiaires de l’auteur au libraire, en passant par l’attaché de presse, le diffuseur, sans oublier l’imprimeur, le graphiste, le bibliothécaire et parfois le typographe ou l’illustrateur. Des estimations laissent penser que le secteur du livre, au sens large, en France, représente 80 000 emplois salariés. C’est sans compter toute une économie qui découle et vit du livre (ex. tourisme culturel, manifestations littéraires) et la nuée de passionnés qui œuvrent bénévolement pour la promotion de la lecture et de l’écrit. Depuis toujours, cet univers fascine et chacun a le sentiment de bien connaître le livre et ses rouages, vivant avec l’objet au quotidien. 

Pour autant, la chaîne du livre est plus complexe qu’il n’y paraît et en perpétuelle évolution. Il ne suffit pas d’aimer lire et d’aimer les livres pour comprendre toutes les subtilités des métiers du livre. Ce guide a fait le choix d’une approche académique de la chaîne du livre, l’abordant dans une déclinaison linéaire simple, de l’auteur au lecteur, l’articulant autour de 4 grands axes : création, production, commercialisation et médiation. Mais nous ne saurions négliger sa complexité et les compétences multiples de certains métiers, leurs évolutions passées et à venir. Et nous souhaitons mettre en avant le particularisme d’une chaîne à la fois culturelle et économique qui n’a de raison d’être que dans l’interprofession. C’est la raison pour laquelle nous avons voulu donner la parole à des hommes et des femmes, pour montrer combien cette chaîne n’est pas seulement technique et financière. Ecrivain, typographe, éditeur, diffuseur, libraire, bibliothécaire ont accepté d’aborder en trois questions leurs métiers, et leurs réponses prouvent combien la passion est le moteur commun à tous. 




Document n° 5

Extraits d’article – Le prix unique du livre plus de 40 ans après la loi Lang – Site Vie Publique – 20/03/2026


Plus de 40 ans après la loi du 10 août 1981 (dite "loi Lang") sur le prix unique du livre, l'économie du livre est bouleversée par l'essor de la vente en ligne. Face aux plateformes numériques, ce système protecteur des librairies est-il menacé ? 

Selon la loi du 10 août 1981, toute personne qui publie ou importe un livre est tenue de fixer pour ce livre un prix de vente au public (article 1er de la loi du 10 août 1981).

Cette réforme d’ampleur poursuivait trois objectifs : 

• l’égalité des citoyens devant le livre ; 

• le maintien d’un réseau décentralisé très dense de distribution, notamment dans les zones défavorisées ; 

• le soutien au pluralisme dans la création et l’édition. 

Mais, plus de 40 ans après la promulgation de cette loi, quel bilan en tirer dans un contexte de profondes mutations liées au développement du numérique et du commerce en ligne ?


La loi Lang : une égalité d’accès aux livres 

La règle du prix unique de vente au public s’applique toute l’année, sur tout le territoire et à tous les détaillants : hypermarché, maison de la presse, grossiste, librairie traditionnelle ou en ligne. 

La loi autorise une réduction limitée à 5 % du prix (carte de fidélité, par exemple). Ce prix, qui peut varier selon le type de livre, doit être indiqué sur l’ouvrage (ou un code pour certaines collections, Folio notamment). Des exceptions sont prévues, notamment une réduction de 9 % pour les ventes d’ouvrages aux collectivités locales, les établissements d'enseignement et de recherche, les syndicats et les bibliothèques. Des prix inférieurs au prix de vente au public sont autorisés sur les livres édités ou importés depuis plus de deux ans, et dont le dernier approvisionnement remonte à plus de six mois (article 5 de la loi Lang).

[…] 


Plus de 40 ans après, quel bilan ? 

Le système du prix unique du livre fait aujourd’hui l’unanimité chez les professionnels. La loi de 1981 constitue un "élément fédérateur qui fait consensus à tous les échelons" souligne l’historienne Patricia Sorel (Petite histoire de la librairie française, janvier 2021). 

Le rapport Gaymard de 2009 dresse un bilan satisfaisant de la loi Lang qui a atteint ses objectifs sur : 

• l’égalité d’accès des citoyens au livre ; 

• la vitalité et la diversité de l’édition, avec notamment la création de nouvelles entreprises innovantes et réactives. 

La réforme n’a pas entraîné d’inflation du prix du livre, contrairement aux craintes de ses opposants (la hausse de prix a été plus importante pour les autres biens et services). 

Ainsi, l’auteur du rapport pointe surtout l’effet redistributif de la loi de 1981 en "augmentant le prix des plus gros succès et diminuant celui des livres plus confidentiels". 

En 2023, la densité de la création littéraire et du réseau de librairies est toujours plus riche en France, pays qui compte le plus de librairies au monde par habitant avec environ 3 500 librairies indépendantes. D’ailleurs, ce modèle a été imité dans de nombreux pays (en 2018, 14 pays, principalement européens, ont instauré un prix unique du livre). […] 

Toutefois, la crise sanitaire et les fermetures des librairies en 2020 ont durement ébranlé (v.t. ébranler = Amener par des secousses une chose à ne plus être dans une ferme assiette.) le secteur : une baisse des ventes de 3,3 % par rapport à 2019. Malgré la situation sanitaire, le click and collect et les aides de l’État ont permis en général le maintien de l’activité des libraires, soutenus par les lecteurs. Le mois de mars 2021 a alors connu une augmentation des ventes sans précédent de 70,5 %, selon l’Observatoire de la librairie. 

Depuis 2022, la vente de livres neufs est en repli. Si la loi Lang a permis la mise en place d’un équilibre subtil entre "la liberté, la concurrence, la protection et la diversité éditoriale", le système reste fragile et des adaptations sont nécessaires. 

En 40 ans, plusieurs mesures ont permis de protéger la filière avec : 

• le plafonnement des remises pour les collectivités et les bibliothèques (2003) ; 

• l'élargissement du prix unique au livre numérique (2011) ; 

• la loi de 2014 encadrant la vente d’ouvrages à distance ; 

• le classement des librairies en commerces essentiels en février 2021. 

Mais les abus et les contournements de la loi Lang sont récurrents par le biais notamment du dumping pratiqué par les plateformes de vente en ligne. 


Les nouveaux défis de l’ère numérique 

Ces 20 dernières années, la filière du livre a été confrontée aux mutations liées à l’explosion du numérique et du commerce en ligne. Bien que les ventes de livres numériques progressent, notamment avec l’arrivée de la liseuse sur le marché, la disparition annoncée du livre papier n’a pas eu lieu. Surtout, le prix du livre numérique est encadré au même titre que le livre papier depuis 2011. 

En revanche, le e-commerce d’ouvrages menace l’équilibre instauré depuis 1981 pour différentes raisons. Les frais de port, d’abord. Avant 2023, de nombreuses librairies proposaient la livraison de commande, mais l’envoi avait un coût élevé (6,50 euros en moyenne). Dans le même temps, les frais d’envoi des plateformes de vente de livres en ligne, comme Amazon, étaient très faibles (un centime d’euro), afin de respecter l’interdiction d’expédition gratuite (loi du 8 juillet 2014). 

"Contournement de la loi Lang", "remise déguisée", "concurrence déloyale"… les libraires se sont alors mobilisés à nouveau contre ces pratiques. Lors du deuxième confinement, les librairies ont bénéficié pendant deux mois du remboursement de leurs frais d’envoi, ce qui a permis une augmentation de leurs commandes (multipliées par 10). Mais, l’arrêt de cette aide fin 2020 a fait chuter les ventes. 

Le président de la République, Emmanuel Macron, a pris fait et cause pour le prix unique pour tous, frais de port compris. La loi Darcos du 30 décembre 2021 visant à "instaurer une véritable équité entre les acteurs du commerce du livre" a mis fin à ce déséquilibre de la concurrence. Elle prévoit un montant fixe obligatoire pour les frais d’envoi des plateformes et libraires. Depuis le 7 octobre 2023 (date d’application de l’arrêté du 4 avril 2023), le tarif minimum de livraison d’un ou plusieurs livres neufs est de trois euros pour un montant inférieur à 35 euros. Au-delà de ce montant, la livraison ne doit pas être complètement gratuite. Le texte rend également obligatoire la distinction entre livres neufs et livres d’occasion sur les plateformes. Il s’agit de ne pas "laisser penser au public qu’un livre neuf peut être vendu à un prix différent de celui qui a été fixé par l’éditeur", ce qui constitue une source d’inquiétude pour les professionnels du secteur. 

En effet, la confusion est parfois de mise sur internet. Dans une recommandation de juillet 2020 sur la commercialisation de livre à des prix supérieurs aux prix de vente au public, comme l’indique le médiateur du livre, le prix de vente des livres d’occasion "est librement fixé par les vendeurs, qui peuvent proposer un livre d’occasion à un prix supérieur au prix de vente au public" (usage en matière de livres anciens). En revanche, la pratique est illicite pour un livre neuf. 

Le médiateur dénonce ici un autre sujet de crispation : le dropshipping. Les dropshippeurs sont des intermédiaires entre le fournisseur et l’acheteur qui s’appuient sur des plateformes connues (Amazon ou la FNAC par exemple) pour : 

• proposer un livre neuf au prix public avec des frais de port élevés ; 

• vendre un livre neuf en le présentant comme un livre d’occasion à un prix deux à trois fois supérieur au prix public. 

"Il y a tromperie", souligne le médiateur. En 2017, une Charte relative au prix du livre, engageaient les sociétés de e-commerce signataires à mettre en place des mécanismes de détection et de sanctions des infractions à la loi du prix unique et à distinguer clairement les livres neufs et ceux d’occasion. La loi Darcos a rendu obligatoire cette distinction pour les sites de vente d’ouvrages en ligne.

Après la mise en place d’un tarif minimum de livraison, Amazon a trouvé un nouveau moyen de contourner la loi. Depuis novembre 2024, la plateforme propose le retrait gratuit les livres dans des casiers automatisés ("lockers"). En 2025, le médiateur du livre a rendu deux avis opposés à cette pratique. Si la loi et le premier avis du 12 février 2025 reconnaissent la possibilité de livrer des ouvrages en points de retrait dans les magasins, "le retrait gratuit en casiers automatisés semble en effet de nature à rompre l’équilibre voulu par le législateur" affirme le médiateur dans l’avis du 27 mai 2025.

Pour Amazon, le retrait gratuit de livres dans 2 500 points de retrait est conforme à la loi Darcos et permet d’améliorer l’accès au livre sur tout le territoire, en particulier dans les petites villes et les zones rurales. Les représentants des libraires dénoncent le préjudice porté aux librairies qui avaient depuis l’application de la loi Darcos, gagné trois points de parts de marché, en particulier dans les villes moyennes et les petits bourgs.

Le rapport d’évaluation remis au Parlement en octobre 2025 pointe les effets bénéfiques de la tarification minimale des livraisons. "Elle a probablement stimulé les achats de livres neufs en magasin" pointe le document qui précise également que "la tarification minimale n’a ainsi aucun impact sur le déclin de la pratique d’achat de livres imprimés neufs en France et n’a pas évincé certaines catégories de la population, notamment les personnes défavorisées et les habitants des zones rurales.


" Y a-t-il trop de livres ?

En 2024, des libraires français et belges ont décidé d’une "trêve contre la surproduction de livres". Citée par l'Ademe, l’opération, reconduite en 2025, vise à "alerter sur le flux incessant de sorties littéraires, qui épuise autant l’environnement que les professionnels du secteur". Un collectif d’éditeurs et de libraires évoquait déjà, dans deux appels publiés dans Le Monde du 14 mai 2020, la surproduction de livres, trop souvent retournés dans un délai très court et mis au pilon. Avec plus de 250 nouveaux livres par jour, les libraires "passent plus de temps à vider et remplir des cartons qu’à choisir, conseiller et vendre des livres." Ce système oblige les éditeurs à augmenter le nombre de titres pour ne pas disparaître des librairies et précarise de fait les auteurs. Cette vision à court terme favorise les best-sellers au détriment des ouvrages à faible tirage et des nouveaux auteurs.

Face à ce constat, ce collectif demandait une remise à plat du système-livre et une adaptation de la loi Lang avec en particulier :

  • une taxe sur le pilon, destinée à un fonds de rémunération des auteurs en dédicace ;

  • la suppression du rabais de 5 à 9 % aux particuliers et aux collectivités.  




Document n° 6

Extraits du diaporama – Le marché du livre d’occasion – Étude Sofia/Ministère de la Culture – 04/2023


[…]

CHIFFRES 2022

  • 9 millions d'acheteurs de livres d'occasion.

    ⇒ 34% des acheteurs de livres

⇒+11% en 5 ans


  • 80 millions de livres d'occasion achetés.

    ⇒ 20% du marché du livre (en volume)

⇒+38% en 5 ans


  • 350 M€ de chiffre d'affaires pour le livre d'occasion.

    ⇒ 9% du marché de l'édition (en valeur)

⇒+49% en 5 ans



  • 53% des acheteurs de livre papier achètent de l'occasion.

    = 28% des Français de 15 ans et plus

    ⇒ 44% achètent de l'occasion et du neuf

⇒ 9% achètent uniquement de l'occasion


  • Le profil des acheteurs de livres d'occasion est similaire à celui des acheteurs de livres neufs : majoritairement féminin, entre 35 et 45 ans, CSP+ (Catégories Socioprofessionnelles Supérieures) avec enfants.

  • La part de << gros >> lecteurs est plus importante chez les acheteurs neuf et d'occasion (51%), que chez les acheteurs exclusifs d'occasion (42%) ou exclusifs de livres neufs (34%).

  • Principale motivation : faire des économies (76% des acheteurs) = payer moins cher et/ou acheter d'avantage. La préoccupation environnementale est en arrière plan. […]

  • Plus de la moitié des acheteurs d'occasion cherchent en premier lieu des livres de second main.

  • Les 2/3 des acheteurs d'occasion comparent les prix des offres d'occasion disponibles.

  • 48% des acheteurs d'occasion achètent souvent un livre en seconde main alors qu'au départ ils avaient prévu de l'acheter neuf.

  • 40% des acheteurs d'occasion attendent qu'un livre soit disponible en seconde main pour l'acheter.

[…]


Lieux d'achat privilégiés

  • Internet cité par 60% des acheteurs d'occasion comme principal canal d'approvisionnement.

  • Braderies, brocantes, bouquinistes par 18%.

  • Librairies par 6%.

  • Parmi les plateformes : Vinted et Leboncoin sont les plus souvent citées comme sources d'approvisionnement et/ou de revente.

[…]


Internet en 2022 : 1 livre neuf acheté sur 5; 1 livre d'occasion acheté sur 2;

Données collectées sur 6 plateformes de vente en ligne sur 7 mois.




Document n° 7

Infographie – Baromètre 2025 : Les Français et la lecture – Centre National du Livre / IPSOS – 08/04/2025




Document n° 8

Podcast – Une économie du livre : l’autoédition – Nicole VULSER, RadioFrance – 04/03/2025


N’importe qui peut s’improviser écrivain. Depuis une dizaine d’années, l’autoédition a pris un essor réel et modifié en profondeur le secteur de l’édition.

Ne nous y trompons pas : seule une poignée d’auteurs et surtout d’autrices réalisent d’exceptionnels succès de ventes, comme Agnès Martin-Lugand, Aurélie Valognes, Virginie Grimaldi ou Freida McFadden. La dernière étude publiée en mars 2024 par le ministère de la Culture — intitulée “L’autoédition de livres francophones imprimés : un continent ignoré” — a de quoi doucher bien des ardeurs. Les auteurs autoédités ne vendent en moyenne que 22 exemplaires en livre imprimé — donc à leur famille et leurs amis proches — là où un ouvrage édité chez un éditeur classique atteint 1 458 exemplaires.

Qu’est-ce qui pousse les auteurs à recourir aux services des nombreuses plateformes d’autoédition ? Que ce soit la plus importante, celle d’Amazon : Kindle Direct Publishing (KDP), ou pour nommer d’autres très connues également : celle d’Apple ou encore Kobo Writing Life, mais aussi Bookelis, Coolibri, Books on Demand et Librinova. Charlotte Allibert, la directrice de Librinova, m’a assurée que tous les auteurs n’ont pas le même objectif. Certains veulent vendre beaucoup, d’autres espèrent être repérés par un éditeur classique, mais on trouve aussi ceux qui, sans aucune prétention littéraire, veulent publier un récit familial ou un recueil de poésie.


Un marché peu connu

Il existe bien peu d’études sur ce que représente ce marché, essentiellement parce que l’autoédition a longtemps été regardée avec la plus absolue condescendance comme étant le club des refusés des maisons d’édition traditionnelles. De plus, aucune estimation réelle du chiffre d’affaires de ce secteur ne peut être donnée puisque le numéro un, Amazon, se refuse à communiquer le moindre chiffre. La seule source provient donc du dépôt légal à la Bibliothèque nationale de France où l’on a recensé l’an dernier 21 300 ouvrages autoédités, sur les 85 200 livres déposés. Soit un ratio important de 25 %, contre 12 % seulement en 2012. L’autoédition a connu une embellie fulgurante pendant la pandémie : période pendant laquelle des milliers de gens ont occupé leur temps libre en écrivant un manuscrit qu’ils ont ensuite voulu partager.

Aujourd’hui, l’offre sur les plateformes se concentre sur plusieurs genres littéraires très précis : la fantasy, le fantastique, la science-fiction, la romance, les thrillers et enfin la fiction. Le partage de la valeur entre auteurs et plateformes L’autoédition est une prestation de services et non un contrat avec un éditeur. Le partage de la valeur semble a priori intéressant puisque les plateformes reversent aux auteurs jusqu’à 70 % du prix des ebooks vendus, en sachant que c’est l’auteur lui-même qui en fixe le prix. Pour les livres imprimés, Amazon assure reverser jusqu’à 60 % des recettes, mais l’auteur paie l’impression, en général plus de 4 euros par exemplaires. C’est parfois bien plus. Chez les éditeurs classiques, l’auteur touche en moyenne 10 % du prix de vente de chaque livre vendu, une fois remboursé son à-valoir, c’est-à-dire l’argent qu’il a touché en avance pour écrire son ouvrage.

Certains écrivains connus jugent qu’il est plus rentable pour eux de s’autoéditer, comme Joël Dicker — qui n’avait plus envie de travailler avec quiconque après le décès de son éditeur Bernard de Fallois — ou encore l’auteur de BD Riad Sattouf. D’autres gardent un système hybride, en jouant sur les deux tableaux.


Les difficultés majeures du secteur : la visibilité et la promotion

Chez Bookelis, Emilie Le Coguiec, la directrice marketing, est très claire : "les deux problèmes majeurs tiennent à la visibilité des ouvrages et à leur promotion". Toutefois, les ventes en ligne ne décollent qu’à condition d’avoir des centaines de commentaires élogieux et aucun libraire ne vend un livre autoédité, ils sont tous déjà submergés par l’offre pléthorique des éditeurs traditionnels. Donc, toutes les plateformes proposent désormais une gamme de services extrêmement étoffée pour aider les auteurs à se professionnaliser. Cela passe par la correction du manuscrit, mais aussi la mise en page, l’illustration de la couverture, le recours à un coach littéraire, la promotion de l’ouvrage, la mise en place d’une campagne de promotion auprès des influenceurs… Des “kits” qui peuvent coûter plus de 2 500 euros alors que les recettes atteignent rarement le dixième d’un tel investissement.


Les risques d’un usage abusif de l’intelligence artificielle

C’est l’une des questions les plus abrasives aujourd’hui. Jusqu’à présent, Amazon a interdit la publication de plus de trois livres autoédités par le même auteur sur sa plateforme en 24 heures. Il n’est donc pas interdit d’utiliser l’IA, encore faut-il le signaler et expliquer où et comment cette IA générative est intervenue dans la fabrication du manuscrit. Le seul rempart imposé par Amazon est, je cite, “de ne pas créer une expérience décevante pour le lecteur”. Une avalanche de textes d’un intérêt limité risque donc bien de noyer totalement l’offre proposée.




Document n° 9

Extraits d’article – L’Avenir de l’Édition Face à l’IA : Enjeux et Défis – Steven SOAREZ, site Vision Startups – 22/07/2025

Imaginez un monde où les livres ne seraient plus écrits par des plumes humaines, mais par des algorithmes froids et implacables. Cette vision, à la fois fascinante et inquiétante, est au cœur d’un débat brûlant dans l’industrie éditoriale. Récemment, des auteurs renommés ont pris la parole pour défendre la créativité humaine face à l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle (IA). Leur message ? L’IA doit rester un outil, non un remplaçant des voix humaines qui donnent vie aux récits.


L’Appel des Auteurs : Une Révolte Créative

L’industrie du livre traverse une période charnière. Avec l’émergence des outils d’IA capables de générer des textes, des résumés, voire des livres entiers, les auteurs s’inquiètent de voir leur métier menacé. […]

Leur démarche ne se limite pas à une simple opposition technologique. Elle soulève des questions profondes sur l’éthique, les droits d’auteur et l’avenir du métier d’écrivain. […]


Pourquoi les Auteurs S’Alarment-ils ?

L’IA, bien que révolutionnaire, pose des défis majeurs pour les créateurs. Les algorithmes modernes peuvent analyser des milliers de livres en quelques secondes, apprendre des styles d’écriture et produire des contenus qui imitent les auteurs humains. Mais cette prouesse technique a un coût. Selon les auteurs, leurs œuvres sont utilisées sans leur consentement pour entraîner ces modèles, une pratique qu’ils qualifient de vol de propriété intellectuelle.[…]


Les Revendications des Auteurs

Les écrivains ne rejettent pas l’IA en bloc. Ils reconnaissent son potentiel pour assister dans certaines tâches, comme l’analyse de données ou la correction de textes. Cependant, ils insistent sur des limites strictes pour préserver l’essence de la création littéraire. […]


L’Impact sur l’Industrie Éditoriale

L’appel des auteurs met les éditeurs face à un dilemme. D’un côté, l’IA offre des opportunités économiques : réduction des coûts, accélération des processus de production et création de contenus à grande échelle. De l’autre, céder à la tentation de l’automatisation pourrait aliéner les créateurs et les lecteurs, qui valorisent l’authenticité des œuvres humaines.

Pour mieux comprendre les enjeux, examinons les impacts potentiels de l’IA sur différents aspects de l’édition :

Aspect

Avantages de l’IA

Risques pour les Auteurs

Production de contenu

Rapidité, coût réduit

Remplacement des écrivains humains

Narration d’audiobooks

Voix synthétiques réalistes

Perte d’emplois pour les narrateurs

Édition et correction

Automatisation des tâches répétitives

Dévalorisation des métiers éditoriaux


Ce tableau illustre le double tranchant de l’IA : elle peut optimiser les processus, mais au détriment des emplois et de l’authenticité. Les éditeurs doivent donc trouver un équilibre pour intégrer l’IA sans compromettre leur relation avec les auteurs et les lecteurs.


Un Combat Juridique et Culturel

Parallèlement à leur lettre ouverte, certains auteurs ont engagé des poursuites judiciaires contre des entreprises technologiques. Ils accusent ces dernières d’utiliser leurs œuvres sans autorisation pour entraîner des modèles d’IA. Bien que plusieurs de ces actions aient récemment été rejetées. […]








 
 
 

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